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299.1.090 / V2

2 Paramètres d’exploitation

2.1 Les principaux paramètres pour l’eau brute et l’eau de boisson

L’eau possède plusieurs paramètres variables aux niveaux physique, chimique, microbiologique et organoleptique, ceux-ci devant se trouver à l’intérieur de fourchettes selon le type et l’utilisation de l’eau. C’est de ces paramètres qu’il convient de tenir compte pour le traitement de l’eau.

On distingue à ce niveau deux procédés:

  • Transformation de l’eau brute et en eau de boisson

  • Traitement ultérieur de l’eau de boisson

Par rapport aux paramètres cités plus haut, l’eau de boisson doit obéir à certaines prescriptions, ce qui implique que l’eau brute doit être traitée pour être transformée en eau de boisson. L’eau de boisson est une denrée alimentaire strictement réglementée par un grand nombre de normes et de directives, que ce soit pour l’approvisionnement public ou les installations d’eau de boisson dans les bâtiments.

Ici sont présentées des informations très fournies sur les bases et exigences relatives à l’hygiène de l’eau de boisson et sur le modèle à paliers de Nussbaum, ainsi que sur les directives générales de montage et de planification dans le document Nussbaum intitulé «Thématiques hygiène de l’eau de boisson», 👉 Thématique 299.1.006.

En Suisse, étant donné que l’eau brute destinée au traitement de l’eau de boisson est issue de nappes phréatiques, elle présente des compositions et propriétés très variées. Selon la qualité de l’eau brute, son traitement peut aller d’une simple désinfection à des traitements en plusieurs étapes. Lorsqu’elle est de qualité supérieure, l’eau d’une nappe phréatique peut, à la rigueur, se passer de tout traitement.

Pour certaines applications, les paramètres cités plus haut doivent être adaptés. L’eau de boisson issue du réseau public de distribution publique doit dans ce cas faire l’objet d’un traitement ultérieur. C’est ainsi que pour de nombreuses applications par exemple, il faut une eau adoucie dont la dureté carbonatée doit être inférieure à celle du réseau public de distribution.

2.1.1 Paramètres physiques et chimiques

Paramètres

Valeur normalisée

Unité de mesure

Explications/prescriptions

Température

8 … 15 

[°C]

  • Température de l’eau froide dans une installation d’eau de boisson max. 25 °C

  • Température de l’eau chaude dans une installation d’eau de boisson min. 55 °C

Valeur pH

6.5 … 8

  • pH < 7: acide (excès en ions hydrogène H+)

  • pH > 7: alcalin (excès en ions hydroxyle H-)

  • pH = 7: neutre (les ions hydrogène et hydroxyde s’équilibrent)

Conductivité électrique

200 … 800

[µS/cm]

Renseigne sur la concentration des substances dissoutes dans l’eau.

400 µS/cm correspondent à environ 200 mg de substances dissoutes par litre.

Teneur en calcium Ca2+

40 … 125

[mg/l]

Nos besoins en calcium s’élèvent à 200 … 800 mg par jour.

Le corps rejette le calcium excédentaire.

Teneur en magnésium Mg2+

5 … 30

[mg/l]

Nos besoins en magnésium s’élèvent à 350 … 400 mg par jour.

Le corps rejette le magnésium excédentaire.

Teneur en sodium Na+

1 … 50

[mg/l]

Nos besoins en sodium s’élèvent à 1000 … 2000 mg par jour.

Le corps rejette le sodium excédentaire.

Teneur en substances nocives telles que plomb, sulfates et nitrates

Les valeurs maximales pour l’eau de boisson dans le privé et le public sont fixées dans l’annexe 2 de l’OPBD.

Valeurs empiriques des paramètres physiques et chimiques pour l’eau de boisson

2.1.2 Paramètres microbiologiques

L’eau brute et l’eau de boisson peuvent contenir divers microorganismes qui, selon leur type et leur quantité, peuvent présenter un risque pour la santé.

Des prescriptions microbiologiques strictes (annexe 1 de l’OPBD) s’appliquent à la distribution publique d’eau de boisson. En Suisse, l’eau que le fournisseur public apporte jusqu’au point de connexion d’un bâtiment possède une qualité irréprochable qui est assurée par des procédés de traitement et des contrôles correspondants.

A l’intérieur du bâtiment toutefois, la responsabilité est du côté du propriétaire ou de l’exploitant du bâtiment. Dans la mesure où c’est lui qui fournit l’eau de boisson à des consommateurs finaux (locataires, employés, clients, etc.), il est tenu, lui aussi, de respecter les prescriptions microbiologiques. Il n’y a toutefois pas de prescriptions contraignantes pour les propriétaires privés de maisons.

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Extrait de l’OPBD:2018, annexe 1

Dans les installations d’eau de boisson d’un bâtiment, une importance particulière est à accorder aux légionelles, qui peuvent entraîner diverses affections, en particulier par l’inhalation d’aérosols. Les légionelles font partie intégrante des communautés microbiennes naturelles et ne peuvent pas être éradiquées complètement par des traitements ou des procédés de désinfection normaux. Les températures où les légionelles peuvent se multiplier vont de 25 °C à 45 °C. A l’effet température s’ajoute que les matériaux d’installation et la stagnation jouent un rôle décisif dans leur prolifération.

Selon la directive W3/C4 de la SSIGE, les exploitants sont tenus d’effectuer régulièrement des contrôles de légionelles dans le cadre du concept d’autocontrôle. Pour l’évaluation de la situation hygiénique, la directive W3/C4 de la SSIGE renvoie aux degrés de contamination traités dans la recommandation OFSP/OSAV sur les légionelles:

Concentration de Legionella spp.

Degré de contamination

[UFC/L]

< 100

Exigences pour les hôpitaux avec soins intensifs

< 1000

Contamination inexistante ou faible

1000 – 10 000

Contamination modérée

> 10 000

Contamination importante à massive

Degrés de contamination selon la directive SSIGE W3/C4:2021, 10, et recommandation OFSP/OSAV «Légionelles et légionellose», août 2018

2.1.3 Paramètres organoleptiques

Les paramètres organoleptiques sont perceptibles par les organes des sens. Ils sont en rapport avec les autres paramètres ou en découlent.

Paramètres

Prescription

Odeur

L’eau de boisson devrait être inodore

Goût

L’eau de boisson devrait être insipide

Couleur

L’eau de boisson devrait être incolore et sans turbidité

Paramètres organoleptiques de l’eau de boisson

2.2 Paramètres de l’installation d’eau de boisson

2.2.1 Sécurité d’exploitation

Toute erreur dans la planification, l’exécution, l’exploitation et la maintenance peut avoir pour conséquence que la nature de l’eau de boisson dans les installations ne réponde plus aux exigences définies pour cette eau.

Pour les réseaux de tuyaux d’eau de boisson, robinetteries et appareils raccordés, il convient de tenir compte en particulier des facteurs suivants pour garantir la sécurité de service et les exigences relatives à la qualité de l’eau de boisson:

  • Microbiologie de l’eau

  • Apport de nutriments par des matériaux

  • Température

  • Stagnation et circulation dans les conduites d’eau de boisson

  • Fluctuations de pression dans le réseau de distribution

  • Débit de soutirage

  • Eau faisant éventuellement défaut

  • Retour d’eau

  • Lois, normes et directives

Le modèle à paliers de Nussbaum permet de représenter les facteurs dont il faut tenir compte pour la planification, la mise en œuvre et la maintenance d’installations d’eau de boisson. Ces facteurs se superposent et sont à mettre en relation dans le cadre d’un concept global.

Ici sont présentées des informations très fournies sur les bases et exigences relatives à l’hygiène de l’eau de boisson et sur le modèle à paliers de Nussbaum, ainsi que sur les directives générales de montage et de planification dans le document Nussbaum intitulé «Thématiques hygiène de l’eau de boisson», 👉 Thématique 299.1.006.

2.2.1.1 Interfaces avec d’autres catégories d’eau

Il n’est pas permis de raccorder des conduites d’alimentation d’eau de boisson avec des conduites où circule une eau non potable telle que de l’eau sanitaire, des eaux usées ou encore d’autres fluides. Pour les installations d’eau de boisson, il convient donc d’accorder la plus grande attention à la protection contre les retours d’eau.

La réalimentation de réservoirs d’eau de pluie, p. ex. avec de l’eau de boisson, doit se faire par une surverse (de type AA, AB, AD) ou un rupteur de tuyau de type A1 (type DC).

Pour des informations très fournies sur la protection contre les retours d’eau, se reporter à la directive W3/C1 «Protection contre les retours d’eau dans les installations sanitaires» ainsi qu’au document Nussbaum «Thématiques protection de l’eau de boisson», 👉 Thématique 299.1.085.

2.2.2 Grandeurs liées à l’exploitation de l’installation d’eau de boisson

Niveau de pression

jusqu’à PN16 (à partir de la réduction de pression PN10)

Classe sonore

(uniquement jusqu’à DN 32)

I

< 20 dB(A)

II

< 30 dB(A)

Température

Eau froide

max. 25 °C

Eau chaude

Eau très chaude

max. 65 °C

max. 95 °C

Grandeurs liées à l’exploitation de l’installation d’eau de boisson

2.2.3 Conditions de pression

Pression statique au point de soutirage

max. 500 kPa (5.0 bar)

Pression statique aux points de soutirage de jardins ou garages et installations d’arrosage

max. 1000 kPa (10 bar)

Pression d’écoulement minimale au point de soutirage

min. 100 kPa (1.0 bar)

Conditions de pression dans les installations d’eau de boisson selon SSIGE W3:2013 2.1.4

Il faut en général prévoir une installation de surpression pour le bâtiment si la pression d’écoulement minimale de 100 kPa (1 bar) ne peut pas être assurée à chaque point de soutirage.

2.2.4 Vitesses d’écoulement

Conduite

Vitesse d’écoulement

Conduites de soutirage

(système de point de prélèvement individuel)

max. 4.0 m/s

Groupe d’appareils/distribution vers les étages

(à partir du robinet d’arrêt à l’étage, installation avec tés)

max. 3.0 m/s

Conduites de distribution

(distribution en sous-sol/colonne montante)

max. 2.0 m/s

Branchement d’immeuble

max. 2.0 m/s

Branchement d’immeuble avec équipements de protection incendie

max. 2.0 m/s

Vitesses d’écoulement (calculées) admissibles dans les tuyaux selon la directive SSIGE W3:2013 2.1.3

2.2.5 Traitement ultérieur de l’eau de boisson

L’eau dans les applications techniques provient en général du réseau public d’eau de boisson, où elle a déjà été soumise à un traitement ultérieur complet. Elle fait l’objet de contrôles stricts et arrive comme liquide clair et incolore, exempt d’odeurs gênantes et de bactéries ou substances nocives, mais contenant toutefois des minéraux et sels essentiels. Cette eau est de qualité alimentaire puisqu’elle répond aux exigences de la Loi sur les denrées alimentaires (LDA); elle peut cependant dans certains cas être impropre à des usages techniques.

L’eau de boisson fournie par l’exploitant du réseau peut, selon l’usage qu’il en est fait, faire l’objet d’un traitement ultérieur.

Pour le traitement ultérieur de l’eau de boisson, il convient de tenir compte des critères suivants:

  • Définition de l’usage auquel est destinée l’eau

  • Exigences chimiques et microbiologiques

  • Conditions d’exploitation

  • Température de l’eau

  • Matériaux pour les conduites et appareils

  • Lois, normes et directives

Pour les divers procédés de traitement de l’eau de boisson, il convient de tenir compte des facteurs suivants:

  • L’eau de boisson de la zone de distribution peut être soumise à des variations dans sa dureté et composition.

  • Pour l’adjonction de produits chimiques, il faut respecter les dispositions légales.

Selon l’usage qu’il est fait de l’eau de boisson, il existe pour elle différents types de traitement ultérieur. Le traitement va de l’adoucissement à la production d’eaux ultrapures pour l’industrie pharmaceutique et les laboratoires, en passant par une déminéralisation partielle et complète,.

Le plus souvent, c’est l’eau de boisson qui est adoucie, donc débarrassée des agents de dureté Ca2+ et Mg2+.

Pour les installations d’adoucissement, c’est la teneur en sodium de l’eau de boisson avant l’adoucissement qui joue un rôle. Un dispositif mélangeur permet d’assurer que la dureté résiduelle de l’eau adoucie puisse être réglée de telle sorte que la concentration de sodium dans l’eau de boisson ne dépasse pas les 200 mg/l (directive EU 98/83), ceci afin que les matériaux utilisés pour les conduites soient protégés en conséquence.

Pour le traitement ultérieur de l’eau de boisson, il faut tenir compte impérativement des exigences relatives aux matériaux utilisés et aux conditions d’exploitation. Si la composition de l’eau de boisson fournie par l’exploitant du réseau change, le propriétaire de l’installation doit en tenir compte pour le traitement ultérieur de l’eau.

Pour tout traitement ultérieur de l’eau de boisson, il faut respecter les réglementations légales, les directives et les normes. Par exemple:

  • Le montage d’installations de traitement ultérieur de l’eau de boisson nécessite une autorisation de l’exploitant du réseau.

  • Pour le traitement ultérieur de l’eau de boisson, il faut respecter les dispositions de l’Ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels ainsi que de l’Ordonnance sur les substances étrangères et les composants.

  • Le propriétaire de l’installation est tenu de contrôler et d’entretenir régulièrement l’installation de traitement ultérieur de l’eau de boisson selon l’Ordonnance sur l’eau potable, l’eau de source et l’eau minérale.

Les connaissances techniques, solutions envisageables ou résumés des exigences sont disponibles dans les notices techniques correspondantes de la SSIGE. Par exemple:

  • Notice technique SSIGE [W10 027] «Adoucisseurs d’eau – Echangeurs d’ions»

  • Notice technique SSIGE [W10 008] «Appareils physiques de traitement ultérieur de l’eau potable»

  • Notice technique SSIGE [W10 005] «Traitement ultérieur de l’eau potable par les consommateurs»

Pour un aperçu des différentes méthodes du traitement ultérieur de l’eau de boisson et des informations sur les domaines d’utilisation, le principe de fonctionnement et les matériaux mis en œuvre, se reporter au document Nussbaum «Thématiques traitement de l’eau» (👉 Thématique 299.1.084).